Côté Soleil


Pour Alina Rudya, la voie de la réussite professionnelle est pavée de couleurs et d’aventures.

En 1986, Alina n’avait qu’un an lorsqu’elle et sa famille ont été évacuées de Prypiat, une petite ville de l’ex-Union soviétique située à environ trois kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Son père, ingénieur, travaillait à la centrale la nuit où le réacteur a explosé. La famille s’est ensuite installée à Kiev, devenue la capitale de l’Ukraine après la fin de l’Union soviétique, et le père d’Alina a commencé à voyager entre la Russie et les États-Unis pour son travail. Et c’est ainsi, qu’un jour, il a rapporté chez lui des éditions américaines du National Geographic.

« J’avais 9 ans et je me souviens des premiers numéros que j’ai vus, dit Alina. Tous ces photographes et journalistes qui parcourent le monde en prenant des photos et en rapportant des récits sur des endroits merveilleux. C’était totalement exaltant et j’ai compris que c’était ce que je voulais faire. Mon père était physicien nucléaire de profession, mais aussi photographe amateur, et nous avions donc beaucoup d’appareils photo à la maison et même une chambre noire. Il m’a appris à prendre des photos. » Au-delà des magazines sur papier glacé et de l’amour de la photographie, le père d’Alina lui a aussi inculqué l’idée que l’aventure pouvait devenir bien réelle. Pour une petite fille née en Russie soviétique, les contrées lointaines comme la Jordanie ou l’Islande n’étaient qu’un rêve. Mais en grandissant, elle a compris qu’elle pouvait travailler dur pour faire de ce rêve une réalité.

« Mes parents, en particulier mon père, m’ont toujours appris à trouver en moi la confiance nécessaire pour atteindre les objectifs que je m’étais fixée, dit-elle, et que les filles ne sont pas seulement de jolies princesses. Je pense que cela est très important pour une femme. » Ce n’est donc pas un hasard si, parmi les livres que son père lui a donnés pour l’aider à apprendre l’anglais, figuraient Les Aventures de Tom Sawyer de Mark Twain et Capitaines courageux de Rudyard Kipling. Enthousiasmée par ces récits, Alina s’est alors résolument tournée vers son avenir, bien que la détermination puisse parfois se révéler une arme à double tranchant. « S’entendre dire que l’on peut faire ce que l’on veut, c’est placer la barre très haut, admet-elle. J’attends toujours beaucoup de moi-même. Si quelque chose ne se réalise pas, cela me frustre à l’extrême. Je veux toujours que tout réussisse. C’est une très grosse pression que je m’impose à moi-même. »

Attirée par une scène artistique allemande exaltante et progressiste, Alina s’est installée à Berlin alors qu’elle était encore une jeune adulte pour étudier la photographie à l’école d’art Lette-Verein. Durant ses études, elle a passé un semestre à la Parsons School of Design de New York, ce qui a fait évoluer sa conception de ce que pouvait être une carrière dans la photographie. « Cela a changé ma perspective sur un tas de choses, dit-elle. J’ai vu là-bas une autre facette du monde de l’art, plus compétitive qu’en Allemagne. La méthode américaine incite véritablement à travailler dur. New York est tellement chère que si vous ne réussissez pas, vous ne pouvez même pas survivre, tandis qu’à Berlin, vous pouvez toujours trouver un appartement abordable, ce qui vous libère de la nécessité absolue de vous lancer tout de suite dans une carrière. » À 28 ans, elle était devenue photographe professionnelle et avait réuni un portfolio impressionnant, principalement dans le domaine du documentaire. En 2016, pour marquer le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, Alina est retournée à Prypiat, désormais ville fantôme dans la zone d’exclusion, avec un groupe de compatriotes évacués eux aussi, afin de réaliser un reportage photographique sur leur ville perdue. Prypiat mon Amour, le livre qu’elle en a tiré, a connu un succès immédiat.

Elle considère son portfolio documentaire et artistique comme une facette distincte de sa vie de photographe. L’autre facette, ses commandes commerciales, a pris de l’ampleur après la publication de ses récits de voyage sur Instagram. Depuis, Mercedes-Benz, Samsung et Absolut sont devenus ses clients. Nommée ambassadrice Nikon en Allemagne il y a deux ans, elle emporte désormais un Nikon Z 6 et un Z 7 dans tous ses déplacements. « Je suis passée à l’hybride parce que c’est léger », dit-elle en riant, avant d’ajouter « C’est très pratique pour les femmes ! J’avoue que le matériel plus lourd exige de la force musculaire. »

Sa relation avec Instagram n’a pas toujours été au beau fixe. Frustrée par la représentation des femmes voyageuses sur les réseaux sociaux, Alina a créé le Bell Collective, une communauté en ligne de professionnelles qui remet en question les stéréotypes de genre sur les femmes et le voyage. « Il est parfaitement normal de se faire photographier en étant jolie et en savourant des cocktails, dit Alina, mais je ne veux pas que ce soit la seule représentation des femmes qui voyagent et ce n’est pas non plus comme ça que je voulais être traitée au plan professionnel. »

Le nom de son groupe évoque le signal d’alarme d’une cloche qui sonne. C’est aussi un hommage à l’anthropologue et pionnière du voyage Gertrude Bell, qui fut peut-être la première influenceuse dans la relation des femmes au voyage. Dans un premier temps, Alina a contacté des femmes photographes qu’elle avait rencontrées personnellement et d’autres qu’elle connaissait par le biais d’Instagram. De l’architecture à l’abstrait en passant par le portrait, le collectif regroupe aujourd’hui 14 photographes de voyage professionnelles représentant différents styles. « Nous avons publié notre livre, Bell Collective, l’année dernière, dit Alina. J’espère qu’il encouragera beaucoup de filles et de jeunes femmes à se lancer dans la photographie en suivant leur approche personnelle. »

Avec ses divers projets : étoffer le collectif, développer sa série de podcasts, garder une longueur d’avance dans son activité commerciale et rester connectée à son premier amour, la photo documentaire, Alina place très haut le curseur de la réussite. « Je crois que si vous êtes vraiment enthousiasmée par quelque chose, si vous êtes vraiment passionnée, vous trouverez un moyen de concrétiser votre idée et si vous le faites bien, alors quelque chose de fort en sortira. »

Alina Rudya

UKRAINE

« J’ai toujours adoré photographier avec un Nikon. Le son de l’obturateur, entre autres, est un vrai bonheur. » Depuis 2018, Alina est ambassadrice Nikon en Allemagne.

Le Z 6 et le Z 7, et pour les objectifs le NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S, le NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S et le NIKKOR Z 35 mm f/1.8 S.

J’adorerais un objectif NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S, ce serait génial pour les portraits.

Z 7

NIKKOR Z 24-70mm f/4 S

NIKKOR Z 35mm f/1.8 S

Lors d’une séance photo à Chypre, Alina a été si emballée par le look de la coiffeuse
qu’elle l’a placée devant l’objectif.

Z 6, NIKKOR Z 35 mm f/1.8 S, 200 ISO, 1/5000 s à f/2.8

« L’Islande me surprend encore et toujours par ses merveilles naturelles, comme ce canyon de basalte qui a émergé après la construction d’un barrage et la baisse du niveau de l’eau. »

Z 6, AF-S NIKKOR 24-70 mm f/2.8E ED VR, 400 ISO, 1/3200 s à f/2.8

« Photographier cette superposition architecturale de Porto, au Portugal, au 70-200 mm, a été un vrai plaisir. »

Z 7, NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S, 100 ISO, 0,4 s à f/5.6

Anya Verbitska, Berlin, Avril 2020

Z 6, NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S, 400 ISO, 1/640 s à f/2.8

Le Z 7 d’Alina a immortalisé un festival de couleurs sur cette photo prise à Burano, en Italie.

Z 7, NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S, 800 ISO, 1/8000 s à f/4

« J’adore découvrir des situations filmiques et des scènes de rue colorées. »

Z 6, NIKKOR Z 35 mm f/1.8 S, 400 ISO, 1/500 s à f/1.8