EXPO


Des photos sublimes et l’histoire de leur création

Stephan Furnrohr

ALLEMAGNE

En août 2019, Stephan, photographe aérien de nature, a affrété un petit avion pour survoler la baie de Disko, sur la côte ouest du Groenland, afin de photographier des lacs glaciaires. Extraite de la série Blue, cette image exsude une beauté éthérée et sereine. La prise de vue, elle, a été en revanche bien moins « sereine ». « J’ai commencé par des images satellites pour préparer le vol, dit Stephan. Ensuite, il faut trouver un avion. À supposer que vous ayez de la chance avec la météo et la lumière, il faut aussi que les lacs soient encore là quand on les survolera. Ils peuvent tout aussi bien disparaître très vite lorsqu’un siphon s’ouvre dans les profondeurs de la glace. » En outre, la prise de vue depuis un petit avion est difficile. « L’angle de champ est parfois très limité, poursuit Stephan. Puis, il faut compenser les vibrations et les secousses. Mais le Nikon Z 6 et ses objectifs réduisent beaucoup le nombre d’images techniquement imparfaites en photo aérienne. L’objectif que j’ai utilisé est proche de la perfection. »


Z 6, NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S, 200 ISO, 1/320 s à f/8

Harry Skeggs

ROYAUME-UNI

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans la région de la Nouvelle-Bretagne orientale, le peuple baining cultive une tradition de danse du feu masquée, un rite initiatique des jeunes hommes. Spécialiste du portrait environnemental et de la photographie animalière d’art, Harry s’est donné pour mission de montrer « le monde tel qu’il est censé être » et, à l’instar de ses sujets, pour ce projet, il a dû faire attention où il mettait les pieds. « Il y avait une énorme plage dynamique entre les ombres, très foncées, et le feu. Les danseurs se déplaçant rapidement, il s’agissait de maintenir une vitesse d’obturation assez élevée pour figer l’action tout en tenant compte de la faible luminosité. Je n’ai d’ailleurs eu aucune réticence à découper les ombres car je les voulais profondes et mystérieuses, donc régler l’exposition par rapport au feu m’a semblé la meilleure solution pour maximiser la vitesse d’obturation. Le vrai problème était d’avoir assez de lumière pour éclairer le sujet. Certes, le flash était une option, mais cela donnait un côté un peu artificiel à la scène, et je préférais de loin la chaleur des riches tonalités orange créées par le feu. J’ai donc attendu que les danseurs s’en approchent suffisamment pour que leurs visages soient éclairés. »


Z 7, métadonnées inconnues

Stepan Zubkov

RUSSIE

Les maisons municipales, ou Maison de la ville, se trouvent à environ une demi-heure de marche, au sud du musée de l’Ermitage, au centre de Saint-Pétersbourg. « J’aime son architecture, c’est ma ville préférée, dit Stepan, et c’est là l’un de ses bâtiments les plus fascinants. » Pour photographier cette bâtisse néo-gothique datant de 1906, il est monté en haut de l’immeuble d’en face. « Le défi a été de négocier avec ses occupants pour récupérer les clés du toit. Quand on veut vraiment faire une photo, il n’y a pas de limite. Vouloir, c’est pouvoir. » Stepan raconte qu’il a dû affronter ce jour-là « des flots de nuages dans le ciel et une circulation incessante dans les rues. Il m’a fallu environ 12 heures de post-production pour nettoyer l’image, mais je suis très satisfait du résultat. » Avant 2020, Stepan privilégiait les paysages ruraux plutôt que la photo urbaine. Il a su intégrer les changements imposés par cette année. « L’impossibilité de quitter mon pays m’a aidé à voir la beauté qui m’entoure, dit-il. Ma voie est celle de la photo d’architecture. J’ai progressé. Paradoxalement, cette année a été la plus réussie pour moi. »


Z 7, AF-S NIKKOR 16-35 mm f/4G ED VR, 64 ISO, 1/160 s à f/9

Joe Shutter

ROYAUME-UNI / ISLANDE

Il n’y aura jamais d’algorithme pour la chance. Travaillant sur une expédition à la voile et un atelier de photographie en mer du Groenland, Joe, ainsi que les passagers et l’équipage de la goélette Ópal, se sont retrouvés pendant deux des huit jours passés en mer devant un gigantesque iceberg en forme d’arche. « Jamais nous n’aurions pu imaginer une forme aussi parfaite, dit Joe, même si cette photo a été, bien entendu, soigneusement élaborée. Le capitaine a aligné l’Ópal sur l’iceberg et j’ai sauté dans un zodiac pour le photographier à distance. Il n’est guère facile de prendre une photo dans une position stable sur un bateau pneumatique qui rebondit sans arrêt sur l’eau. » Il a aussi fallu compter avec le vent, la pluie et le mal de mer. Mais Joe, de son vrai nom Joseph Hall, qui a troqué Londres pour Reykjavik il y a plusieurs années déjà, est habitué aux conditions difficiles qu’impose parfois Dame Nature. Sa base islandaise attire des clients des secteurs du tourisme et de la mode et le motive également à faire un travail impactant. « Ces paysages éveillent en moi un sentiment d’humilité, dit-il. C’est pourquoi je cherche à établir un lien plus profond avec notre planète, si fragile, tout en incitant et en aidant activement les autres à faire de même. »


Z 6, AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8G, 200 ISO, 1/1000 s à f/2.8

Kristof Göttling

ALLEMAGNE

Grâce à ses conférences, ateliers et tutoriels vidéo, Kristof a amélioré le savoir-faire de milliers de personnes dans le domaine de la création et de la retouche d’image. C’est lors d’une sortie spontanée à l’aube qu’il a enrichi son propre portfolio pendant des vacances au ski avec des amis l’an dernier à Bad Hofgastein, en Autriche. « Le brouillard se levait et en traversant ce pont et en voyant la surface de l’eau, j’ai tout de suite su que c’était une photo que je devais faire. Je me félicite aujourd’hui encore de m’être levé tôt. On dit que les événements imprévus peuvent devenir les plus mémorables. » En réalité, la carrière de Kristof n’était pas davantage planifiée : la photo n’était qu’un moyen de se procurer de la matière première pour ses montages. Pour lui, les événements ont pris une tournure mémorable.


Z 7, NIKKOR Z 24-70 mm f/4, 100 ISO, 1/800 s à f/4

Tali

ALLEMAGNE

Tali et Claudia Pelosi sont deux sœurs qui réalisent de splendides photos de mariage dans un style qu’elles qualifient de documentaire avec un côté mode. Cette photo, prise l’an dernier au Cap de Formentor à Majorque, s’inscrivait dans le cadre de leur travail en tant qu’ambassadrices Nikon. « Nous adorons cette photo. Les couleurs, l’atmosphère, le romantisme des poses. C’était à la fin de la journée, au soleil couchant qui mettait la robe en valeur. » Avant l’épidémie, Tali photographiait des mariages dans le monde entier. Leur spécialité a été très touchée par les restrictions dues à la Covid, d’ailleurs toujours en vigueur. Même lorsque les mariages sont autorisés avec des listes d’invités restreintes, les futurs mariés préfèrent attendre pour pouvoir inviter leurs proches. « Compte tenu de la situation, disent les sœurs, nous avons eu la chance inouie de pouvoir faire un break dans des conditions plutôt agréables. Nous avons rechargé nos batteries et nous sommes prêtes pour de nouveaux mariages tout aussi magiques. » Un sentiment sans doute partagé par tous, mariés ou non.


Z 6, AF-S NIKKOR 50 mm f/1.8G, 400 ISO, 1/8000 s à f/5

Little Shao

France

C’est une situation classique à laquelle beaucoup d’entre nous peuvent s’identifier : on traîne, on s’ennuie un peu, on sort un appareil photo et on prend des photos idiotes. Mais si la personne derrière l’objectif est, disons l’ambassadeur Nikon Little Shao (alias Thinh Souvannarath), un gars aussi à l’aise pour prendre des photos d’avions de course pour Red Bull que des breakdancers dans les banlieues, alors l’instantané loufoque prend une tout autre dimension. Ces gaillards volants sont les copains de vacances de Shao, dans une villa du sud de la France, des potes aussi imprégnés de culture hip-hop que lui. (Ou peut-être pas autant, vu qu’il a renoncé à une carrière dans la finance pour devenir photographe professionnel après que les clichés de son équipe qu’il avait mis en ligne ont été plébiscités par les internautes et lui ont valu de multiples offres d’emploi). « Nous adorons explorer de nouvelles possibilités de défier la gravité, dit-il, et tenter de trouver de nouvelles formes et compositions dans ce que nous faisons. »


Z 6, AF-S NIKKOR 105 mm f/1.4 E ED, 400 ISO, 1/1000 s à f/2.8

Lina Kayser

NORVÈGE

« J’emporte toujours mon appareil photo avec moi, même si c’est juste pour aller à l’épicerie », dit Lina, qui photographie la nature et la faune nordiques et dirige des ateliers et des expéditions sur ces mêmes thèmes. En juillet dernier, elle traversait la région de Grimsdalen, dans le district de Folldal, dans l’est de la Norvège, à la recherche de scènes intéressantes. C’est alors qu’un écureuil portant quelque chose dans sa gueule est apparu devant sa voiture. Elle s’est arrêtée pour voir ce que c’était. « Je ne savais pas que c’était son petit qu’elle tenait ainsi jusqu’à ce que je vérifie mon écran, raconte Lina, parce que j’étais trop occupée à essayer de ne pas l’effrayer. ». Ce qui n’est pas une mince affaire avec l’excitation qui vous submerge lorsque vous réalisez que vous tenez un sujet exceptionnel. « Par chance, j’ai réussi à demeurer totalement immobile, et ils sont restés assis sur cet arbre pendant un petit moment avant de détaler dans la forêt. Je crois que c’était un moment vraiment extraordinaire et je suis tellement heureuse d’avoir eu mon appareil photo avec moi. » Un bonheur partagé par tous ceux qui ont vu cette photo exceptionnelle.


Z 7, AF-S NIKKOR 500 mm f/5.6E PF ED VR, 2500 ISO, 1/400 s à f/5.6

Kirill Umrikhin

RUSSIE

Lorsqu’un congé de deux semaines en Égypte s’est transformé en un séjour de cinq mois en raison des restrictions de déplacements imposées par le coronavirus, Kirill et sa femme ont su en tirer le meilleur parti. « Je faisais beaucoup de plongée et ma femme, Olya Raskina, qui est véliplanchiste professionnelle, faisait de la planche tous les jours. Cela m’a donné l’idée d’un projet original qui me permettrait de concilier nos deux activités. » Il a fallu des semaines à Kirill pour arriver à immerger la voile de la planche. La réglementation liée à la Covid-19 ne permettait pas de louer du matériel de plongée, de sorte que chaque plongée se faisait en apnée. « De plus, dit-il, Olya souriait sur presque toutes les photos, et elle m’a dit avoir avalé énormément d’eau de mer. C’était un vrai défi pour nous deux, mais le résultat en vaut la peine. » Kirill, qui photographie les sports d’action et le voyage depuis qu’il est devenu pro en 2004, a travaillé pour des clients comme Apple, Adidas, Red Bull ou Toyota. Il est, aujourd’hui encore, motivé par la découverte. « J’adore montrer des choses encore jamais vues », dit-il. Mission accomplie.


Z 7, NIKKOR Z 14-30 mm f/4 S, 500 ISO, 1/640 s à f/10

SARAH POUR

allemagne

Les règles de l’autoportrait, dit Sarah, sont à la fois simples et invariables. « Vous devez trouver le bon endroit, celui où se fera la mise au point, puis marquer cet endroit sur le sol. Ou alors, vous pouvez utiliser quelque chose qui est déjà dans le champ. » Dans cet exemple précis, photographié l’hiver dernier sur la plage de Pakarang à Khao Lak, en Thaïlande, il a également fallu faire preuve de patience. Dans cet endroit splendide, par cette chaude soirée agrémentée d’un joli coucher de soleil, Sarah a bien sûr dû attendre que ceux qui profitaient de la vue sortent du champ. C’est cette formation de nuages spectaculaire qui a d’abord attiré son attention, tandis qu’elle était assise sur sa planche, à discuter avec d’autres surfeurs. Elle a alors réalisé qu’il fallait qu’elle photographie ce ciel. De retour sur la plage, avec le sable humide qui formait un miroir idéal, elle a posé son pied photo, pris sa télécommande et l’instant attendu est arrivé. « Ensuite, je suis restée sur la plage pendant un moment, à admirer la fin du coucher de soleil, puis je suis allée dîner. En regardant cette photo, j’ai toujours un sentiment délicieux et je me souviens de tout ce qu’il s’est passé avant et après. » N’est-ce pas justement cela qui rend la photo aussi magique aux yeux des photographes ?


Z 7, AF-S NIKKOR 24-70 mm f/2.8 ED VR, 250 ISO, 1/200 s à f/5