EXPO


Des photos sublimes et l’histoire de leur création

Emanuele Biggi

Italie

Naturaliste, photographe et présentateur de télévision, Emanuele a suivi les traces de cette minuscule vipère de Péringuey dans les sables des dunes côtières du désert du Namib, près de Swakopmund, en Namibie. « Sa tête était si petite que j’ai dû utiliser mon objectif Micro-Nikkor 60 mm au grossissement maximal », dit-il. Les yeux du serpent ne faisaient qu’environ 2mm de diamètre. « J’ai préparé tous mes flashes et effectué la mise au point assez loin pour ne pas l’effrayer, puis je me suis rapproché et me suis lentement penché pour prendre la photo. J’ai utilisé le facteur de recadrage DX pour obtenir directement le bon cliché dans l’appareil sans avoir à le recadrer plus tard – le seul recadrage minime était pour avoir une symétrie parfaite. » Cette photo extraordinaire, fruit d’une approche prudente, a remporté le prix de la catégorie Animaux, puis le prix Général au concours inaugural du Photographe de Gros Plan del’Année.


D810, AF Micro-Nikkor 60 mm f/2.8D, 100 ISO, 1/250 s à f/16.

MATTHIAS HANGST

Allemagne

« Je suis un photographe à mi-chemin entre la créativité et le talent », dit Matthias, ce qui n’est qu’une demi-vérité. « Ma force, c’est avant tout mon ambition. Le fait que je travaille extrêmement dur et que j’apprends vite joue en ma faveur. » Deux qualités qui lui ont sans aucun doute permis de réaliser cette fabuleuse image du sauteur à ski américain Kevin Bickner aux Championnats du monde FIS de ski nordique 2017 à Lahti, en Finlande. « Cela a été un véritable défi technique, dit-il. C’est une synthèse de filé panoramique et de zoom. Il s’agissait de zoomer d’une focale courte à une focale plus longue, et ce à la vitesse à laquelle le skieur s’éloigne de l’appareil vers les spectateurs aux vêtements bigarrés, tout en le gardant à la même taille dans le cadre – et en effectuant en même temps un filé panoramique. Pas évident. Il m’a certes fallu plusieurs essais, mais c’était génial de voir tout cela s’agréger et prendre forme. » Autrefois indépendant, Matthias couvre aujourd’hui, pour Getty, des événements aussi divers que les Jeux olympiques d’hiver ou le tournoi de Wimbledon. Ses photos de sport lui ont valu plusieurs récompenses ainsi que divers contrats de campagnes publicitaires pour de grandes marques.


D5, AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8G ED VR II, 200 ISO, 1/15 s à f/5.6.

AURORE ALIFANTI

FRANCE

Si vous avez pour amis les pros du parkour Athina Perroux et Simon Nogueira et ambitionnez de créer des images insolites de sites familiers, cadrer les piliers du pont de Bir-Hakeim avec le Sacré-Cœur en arrière-plan peut donner des résultats fascinants. Malgré la distance entre l’artiste et ses sujets, Aurore a réussi à les diriger avec une précision absolue via une conférence téléphonique et un casque audio. « L’espace était vraiment réduit car j’utilisais un téléobjectif, de sorte qu’il m’a fallu les guider pour qu’ils trouvent la posture optimale, dit-elle, sinon une jambe ou un bras auraient pu cacher la basilique. Avec cette photo, j’ai vraiment le sentiment d’avoir atteint mon objectif qui est de mettre en valeur ma ville natale. »


D850, AF-S NIKKOR 70-200mm f/2.8E FL ED VR, 1600ISO, 1/80 s à f/11.

MERVE MATARACI

Turquie

C’est au cœur d’Istanbul, la plus animée des villes turques, que se situe le vieux quartier commerçant d’Eminönü, point de rencontre pour les marchands, voyageurs et autres résidents qui le fréquentent quotidiennement. En février 2019, la photographe de mode Merve s’y est rendue avec une équipe de huit personnes, dont son mannequin fétiche, pour réaliser un reportage photo avec un Nikon Z 7 au milieu des personnages qui peuplent ces rues. « On y ressent à la fois le vent de l’Histoire et la mémoire des gens qui y ont vécu à l’époque de l’Empire ottoman, commente Merve. C’est un endroit grandiose parce qu’il fait la jonction entre deux continents, l’Asie et l’Europe, et qu’il reflète de manière profondément authentique le contraste entre le monde ancien et le monde moderne. La série de photos que nous y avons faite, et tout particulièrement ce cliché, avait pour objet de saisir ce contraste. »


Z 7, NIKKOR Z 35 mm f/1.8 S, 400 ISO, 1/8000 s à f/2.8.

LUCIE VYSLOUŽILOVÁ

République tchèque

Cette photo a été prise au début du projet personnel de Lucie intitulé in motion: ses sujets sont non seulement en mouvement, mais ont aussi des passe-temps ou métiers impliquant un mouvement permanent tel que la danse ou, ici le skate, avec Natalie son amie longboardeuse. « Dans cette image, il me fallait concilier des éléments différents, explique Lucie. Le mouvement des cheveux de Natalie, son expression, sa pose, le contre-jour et la composition. » Malgré le recul et le regard critique que certains photographes portent après coup sur leurs propres travaux, Lucie ressent une satisfaction inhabituelle. « C’est l’un de mes clichés préférés, ce qui est exceptionnel s’agissant d’anciennes photos. Je suis très sévère envers moi-même et j’ai d’autant plus plaisir à aimer aujourd’hui encore l’une de mes créations. » Ses clients, parmi lesquels des sociétés immobilières, des détaillants en ligne ou l’Unicef, adorent ses portraits de mode et d’art de vivre. Quant à sa passion, elle ne s’est jamais démentie. « La photo est un rêve devenu réalité, un pur bonheur. Je cherche toujours à intégrer une histoire, une forme d’énergie, et à inspirer les autres à travers ma vision. » Une telle photo est en tout cas la preuve que Lucie met en pratique ce qu’elle prêche.


D750, AF-S NIKKOR 50mm f/1.8G, 100 ISO, 1/1600 s à f/1.8.

THE KITCHENERS

Royaume-Uni

Dylan et Joanna Kitchener, qui forment une équipe mari et femme, photographient les noces, demandes en mariage, fugues amoureuses et nouveaux mariés. Le duo, connu pour son style cinématographique et émotionnel inspiré des paysages grandioses de l’Écosse, où il vit, immortalise en photos et dans de courtes vidéos des histoires de couples. « Cette image, raconte Dylan, correspond à un intermède imprévu lorsque Olivia et Brandon, qui venaient de se marier, ont décidé de danser ensemble. Le défi majeur, ce jour-là, c’étaient le froid et la pluie. Nous avons cette chance rare de rencontrer des couples qui sont toujours partants pour l’aventure, qu’il pleuve, qu’il grêle ou que le soleil brille. Fort heureusement, je travaillais avec mon Nikon Z 6, qui est totalement résistant aux intempéries et toujours prêt à affronter ce que la météo des Highlands écossais me réserve. »


Z 6, NIKKOR Z 50mm f/1.8 S, 100 ISO, 1/1000 s à f/2.

MIKKO LAGERSTEDT

Finlande

Le sentiment de solitude et de paix qu’évoque cet arbre isolé est quelque chose que l’auteur avait envie de saisir depuis des années, après l’avoir découvert par hasard sur l’île d’Emäsalo, au large des côtes de la Finlande. « J’aime sa fragilité, son élégance délicate, dit Mikko. La plus grande difficulté a été le froid. » Son fonds de commerce, ce sont ces paysages nus et poétiques. Il soutient que sa vocation date du jour où il a traversé un tel paysage au crépuscule. Le soleil illuminait encore les champs nappés de brouillard après la pluie. « Il fallait que je m’arrête pour jouir de ce merveilleux instant et j’ai réalisé que je voulais plus que tout saisir ce genre de moment. » Outre ses tirages, cet autodidacte vend, sur son site web, divers outils d’apprentissage, notamment des e-books et des tutoriels vidéo ou encore des actions Photoshop et préréglages Lightroom.


Z 7, AF-S NIKKOR 14-24 mm f/2.8G ED, 5000ISO, 25 s à f/2.8.

CHRISTIAN BRECHEIS

Allemagne

C’est durant un séjour à New York, il y a six ans, que Christian a découvert le groupe de coureurs des Black Roses NYC. « Ils viennent de tous les horizons, dit-il. Leur passion, c’est la course à pied, et là, ce sont vraiment des as. Ils font aussi la fête ensemble. » C’est ainsi qu’est née sa collaboration avec le groupe, notamment avec Knox Robinson, le coureur sur cette photo. « Au fil des ans, nous avons illustré des séances d’entraînement l’hiver, dans le froid, des moments intimes de préparation au marathon au petit matin et, récemment nous avons réalisé un documentaire vidéo tourné en partie avec un Nikon D850. » Cette image montre Knox franchissant l’étal d’une boutique de Chinatown. « J’ai vraiment pris plaisir à découvrir ce quartier de Manhattan grâce à Knox. Lorsque nous avons renversé par mégarde un carton de champignons séchés, il s’est gentiment excusé dans un mandarin parfait. »


D810, AF-S NIKKOR 35mm f/1.4G, 3200ISO, 1/250 s à f/4.

STIAN KLO

Norvège

Stian dit que son style transmet une «énergie sombre» et son book déborde de paysages nordiques pleins de poésie. Ce qui ne l’empêche pas de saisir la moindre occasion de s’essayer à la nouveauté. À Santa Maddalena, dans les Dolomites, il a ainsi testé son Nikon Z 7 dans un cadre très connu: la ravissante église de San Giovanni nichée au pied des montagnes. « Je n’étais pas satisfait des compositions photos traditionnelles de ce paysage, dit-il, alors j’ai décidé d’essayer autre chose. Par chance, le soleil a éclairé le bon endroit et illuminé l’église durant quelques minutes. Je n’ai encore jamais vu une photo pareille, avec un tel rayon de soleil sur l’église, ce qui rend celle-ci unique d’une certaine façon. Quand je repense aujourd’hui à ce cliché, je ressens la même chose que ce jour-là: excitation et énergie. »


Z 7, NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S, 200 ISO, 1/640 s à f/7.1.

TONY WALTERS

Regno Unito

Sur le plateau de tournage d’un court métrage, alors qu’il prenait des photos des coulisses avec un Z 6, Tony a constaté que cet appareil hybride était le compagnon idéal pour son silence.
« Je n’aurais jamais pu prendre de telles photos avec un appareil dépourvu de la fonction prise de vue silencieuse, » dit-il. « Sa performance en faible lumière m’a elle aussi bluffé. L’absence de contrôle de l’éclairage a, certes, compliqué les choses, mais le viseur électronique m’a vraiment beaucoup aidé de ce point de vue. La plupart des images prises lors de cette séance étaient des gros plans des acteurs et de l’équipe de tournage, mais ce plan plus large, précise-t-il, montre parfaitement ce qui se passait des deux côtés de l’appareil photo. Le NIKKOR Z 50mm f/1.8 S s’est révélé à cet égard extrêmement souple ». Malgré un parcours essentiellement consacré à la photographie sportive, Tony s’est récemment impliqué davantage dans le portrait, la mode et le documentaire. Tony, qui photographiait surtout des événements sportifs avant de se diversifier, dit que « quitter ma zone de confort a été une excellente décision. » Un exemple qui peut nous permettre à tous de progresser.


Z 6, NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S, 5000 ISO, 1/125 s à f/2.2.

KONSTA PUNKKA

Finlande

C’est sur les rives du lac Julma-Ölkky, dans le parc national de Hossa, en Finlande, que Konsta s’est retrouvé de l’autre côté de l’objectif alors qu’il photographiait une campagne publicitaire pour la Classe G de Mercedes Benz en juillet 2018. Son assistant a en effet appuyé sur le déclencheur pendant qu’il tenait le canot. Au-delà de l’aspect purement plastique, dit-il, la principale difficulté pour obtenir ce cliché consistait « à s’approcher suffisamment de l’eau pour saisir le reflet sans mettre l’appareil en danger. Je pense néanmoins que cette photo illustre parfaitement les performances de la voiture en tout-terrain et qu’elle correspond à l’image que voulait en donner le client. » Les forêts et les lacs finlandais sont une toile de fond récurrente pour ce photographe animalier et de paysages. « Mon travail mêle le monde réel et un brin de féerie. Ce qui m’inspire le plus, c’est de montrer les animaux et la nature sous un éclairage différent, notamment à proximité des villes. » En intégrant dans la nature un objet créé par l’homme, il raconte avec talent une bien belle histoire.


D850, AF-S NIKKOR 14-24 mm f/2.8G ED, 640ISO, 1/400 s à f/2.8.